Mon premier Marathon, by Laure

  • Par cap-asr
  • Le 15/05/2019
  • Commentaires (1)

Octobre 2018
Et bien ça y est mon défi 2019 est fixé, ça sera le marathon de Bordeaux en avril. Mais il est hors de question que je débute cette préparation toute seule. Alors, voilà que j’embarque Charlotte dans mon projet. Bon, pour commencer il a fallu que je la motive. Voilà mon argument choc : « si on ne le fait pas maintenant, à 40 ans, on ne le fera jamais ! »  Mon argument a eu l’air de fonctionner puisque dans la foulée nous nous sommes inscrits !

S’inscrire ce n’était pas le plus dur, c’était plutôt ce qui allait nous attendre... Alors pour commencer à préparer ce défi en 6 mois, Charlotte m’a motivée à son tour pour m’inscrire au CAP.

J’ai donc commencé par transpirer les dimanches matin en allongeant la durée de mes entraînements et en accélérant mon allure (merci les capistes) !


Février 2019
Changement de programme, le marathon de Bordeaux est reporté au mois d’octobre. Alors Charlotte et moi nous engageons sur le marathon de Nantes, qui se déroule le même week-end. Avril c’est bien pour la préparation… on ne va pas devoir se priver des apéros et barbecues de l’été !


Mars 2019
Nous sommes très vite rentrées dans le vif du sujet. Début de la préparation sur 8 semaines avec 3 sorties/semaine. Passons les cinq paires de baskets différentes que j’ai dû tester, les barres énergétiques Décathlon, les crèmes anti-frottement, les différentes tenues t-shirt, débardeur, short, legging, sac à dos ou porte bidon, ceinture...
Bref un véritable casse-tête ! Je n’avais jamais autant réfléchi à tous ces détails avant !! Ou alors c’est que je suis une fille… ça doit être ça.
La préparation se passe plutôt bien. Cependant je n’aime pas trop les sorties fractionnées, mais je m’adapte et puis au final, la sortie longue de 3h se passe super bien. Cette sortie me rassure et je me dis que finalement le marathon ce n’est peut-être pas si compliqué que ça ! A voir...
Et voilà 2 mois intenses d’entraînement qui se terminent. Finalement c’est passé vite et je me mets à douter… Est-ce que je suis vraiment prête ?

En tous les cas, merci Benoit pour ton programme que j’ai souvent détesté et parfois adoré (surtout la petite sortie de 45 min...), merci aux capistes qui se sont relayés pour nous accompagner sur les sorties longues et bien sûr merci à Charlotte pour m’avoir motivé, écouté, encouragé et soutenue pendant toute cette préparation. 

Une certitude : A deux c’est mieux !

 

Marathon de nantes

 

28 avril 2019 Nantes - Jour J
Et me voilà sur la ligne de départ ou plutôt au milieu de 4000 coureurs multicolors. Pour l’instant je garde le sourire, y’a de l’ambiance, de la musique et je suis plutôt excitée, j’attends le départ. 
À Nantes, il y a un monde de fou et des tas de spectateurs. Les 10 premiers kilomètres se passent super bien. J’applaudis les musiciens qui nous encouragent, j’arrive encore à parler avec Charlotte qui me dit de ralentir un peu parce qu’elle trouve que je vais un peu vite. C’est vrai je me sens en forme mais je ne me rends pas compte de mon allure. 

  • 20 km tout va bien. Faut juste s’écarter les 1ers arrivent et nous dépassent comme des fusées !
  • 21 km je me dis que j’ai fait la moitié ça me rassure. Par contre, je commence à perdre un peu de vitesse. Charlotte maintient son allure du coup j’essaye de m’accrocher mais c’est bientôt trop dur. Jusqu’à 25 km je l’aperçois encore de loin et puis après ça y est je me retrouve toute seule. Je reste concentrée, il faut aller au bout !
  • 26 km! Je commence à sentir les 1ers signes de fatigue et d’un coup mes jambes commencent à se durcir. Déjà ! Pourtant y’a 3 semaines j’ai fait 30 km sans problème ! Bon... c’est peut-être juste un passage on verra...
  • 27,28,29 km pas de regain d’énergie, c’est dur !!

Et à chaque ravito, je perds un petit peu de vitesse. Je regarde ma montre, mon allure dégringole. Je me force à manger mais j’en ai vraiment pas envie !  Et puis voilà que je me découvre des Tocs ! J’ai les mains qui collent à cause des bananes que j’attrape au ravito, à cause de ma barre énergétique aux cacahuètes à cause de la  transpiration et je ne le supporte pas ! Heureusement qu’il y a les stands épongeage pour que je puisse me laver les mains ! Je cours un marathon et je trouve du plaisir à me laver les mains ! Un truc de fou !

  • 30km enfin ! Reste plus que 12km... enfin encore 12 km et j’ai déjà plus de jambes. Le marathon c’est pas gagné et la ligne d’arrivée est loin, encore très loin...
  • 32 km mes jambes sont en pilote automatique, je ne contrôle plus rien !
  • 33km ahhh des pavés ! j’aime pas! Ça me rappelle que 2 petites ampoules sont en train de se former sur mes pieds gggrrrr…
  • 35 km j’en peu plus, c’est quoi cette idée pourrie de vouloir courir un marathon !!! 
  • 36km le porteur de flamme du 4h15 me rattrape. Je me dits « tu ne le lâches pas, tu t’accroches » mais mes jambes n’ont rien voulu entendre! Le pilote automatique reste enclenché sur le même rythme et le petit drapeau s’évanouit !
  •  38 km Aïe y’a même des légers faux plats sur la fin ! Ils ont pas le droit si près de l’arrivée ! On aurait pu finir sur des descentes quand même ! Et il arrive quand le prochain ravito !!!!

Et les musiciens continuent de jouer et de nous encourager, mais ça fait longtemps que j’ai plus la force de les applaudir. Les spectateurs aussi m’encouragent, j’entends comme dans un brouillard « Allez Laurette » mais j’ai à peine la force de sourire. Pour les remercier j’arrive tout juste à lever le pouce! 
Je ne pense plus qu’à l’arrivée et à ce que tout ça s’arrête. J’ai plus aucune notion du chrono... j’ai plus la force de regarder ma montre.


Sur les 3 derniers kilomètres j’ai juste envie de marcher mais j’ai peur de ne jamais repartir alors je me fixe l’objectif de tenir jusqu’au ravito que j’aperçois tel un mirage ! Je m’arrête et marche 10 mètres le temps de terminer mon verre d’eau. C’est la première fois que je marche et là je prends conscience que mes jambes sont en feu et qu’il va falloir me faire violence pour repartir ! Même marcher c’est une douleur insupportable ! Mais je repars pour 2 petits kilomètres. Allez, c’est rien 2 km ! et puis je pense à ma famille qui me suit sur l’application, elle doit voir que je touche presqu’au but ! 
Et puis elle arrive cette fameuse ligne bleue ! J’essaie de sourire pour le photographe de l’arrivée mais je suis épuisée et je m’écroule.

FINI, TERMINÉ, je l’ai fait !

Charlotte m’attend et les vannes cèdent ! C’est un drôle de mélange de fierté, de douleur, de soulagement et de grand bonheur qui m’envahit à la fois .
Et sur le moment je me dis : « PLUS JAMAIS » !

Commentaires (1)

Charlotte
  • 1. Charlotte | 15/05/2019
Je suis trop contente que tu m’es embarquée dans cette aventure, je m’étais toujours dit que le marathon ne serait jamais pour moi (trop long, trop de sacrifice, pas assez de temps libre) et finalement il n’a effectivement fallu qu’un argument et l’envie de se dépasser. Et puis, voir de plus en plus de capistes se lancer, ça donne envie!!! J’ai adoré le faire avec toi, c’était chouette nos entraînements même si c’était dur, voire très dur! Nous avons en plus eu la chance d’être très souvent accompagnées sur nos sorties longues par de fidèles capistes, un clin d’oeil particulier à Magali, Thierry, Benoît et Greg! Bref, prête à recommencer et cette fois, c’est moi qui t’embarquerait dans l’aventure ;-)

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